Les sucres, et la réalité.

 Une photographie de bonbons en forme d'oursons qui illustre notre surconsommation quotidienne de sucres.

Toutes les études le disent, nous consommons trop de sucres. Cependant, même si tout le monde en connait les dangers, nos habitudes de consummation n’en sont pas pour autant transformées. Le sucre est commun dans notre vie de tous les jours, et nous somes habitués aux goûts (très) sucrés. Céréales du petit déjeuner, sauces, yaourts, snacks : autant de sources de problèmes potentiels, comme l’obésité et le diabète.

Cette abondance de nourriture sucrée est dûe à nos habitudes de consummation. Pendant les années 70, le president américain (Nixon) pensait que les maladies du cœur étaient étroitement liées à l’excès de graisse. C’est pourquoi les produits « allégés » et « sans matières grasses » furent développés, avec ajout de sucre pour équilibrer le goût. Dans le même temps, le sucre liquide est créé, soit les heures les plus glorieuses du sirop de maïs à fort taux de fructose !

Ce sirop à haute teneur en fructose brouille notre mécanisme de perception de la faim (les pistes hormonales et physiologiques sont encore étudiées pour savoir quel phénomène exact est à l’origine de la sensation de faim). Pour ce qui est de la sensation d’avoir bien mangé, ou d’avoir encore faim, ce sont les hormones – petits messagers de notre corps – qui se chargent de transmettre l’information. Une fois des éléments comme le sucre liquide introduits dans l’équation, la lecture des messages devient vite compliquée.

Le problème, c’est que notre corps n’a pas de bouton pour éteindre l’envie de sucre. En réalité, il n’y avait pas autant de sucre dans le régime alimentaire de nos ancêtres. En conséquence, les hormones ne vont pas tirer la sonnette d’alarme pour nous empêcher de consommer plus de sucre, même si nous en tombons malades.

Cependant, tous les sucres ne sont pas mauvais pour nous. Nous avons même besoin de glucose pour vivre. Notre corps le métabolise pour nous alimenter en énergie. Quand les glucides sont consommés, nous les digérons et les sucres simples sont absorbés par le flux sanguin. Ensuite, le pancréas produit de l’insuline, hormone qui régule le niveau de sucre dans le sang, ce qui est essentiel pour être en bonne santé.

Si nous consommons trop de sucre, nous sommes exposés à deux problèmes principaux. D’abord, le système de régulation du sucre de notre corps peut être surchargé, causant la production de plus en plus d’insuline par le pancréas. Nous pouvons devenir résistants à l’insuline : le système ne fonctionne plus correctement. Cet état correspond au premier stade du diabète de type 2. Sans traitement approprié, notre corps arrêtera de produire de l’insuline – et ce n’est pas une bonne chose.

D’autre part, le sucre qui n’est pas entièrement métabolisé par le corps est transformé en graisse, ce qui cause la prise de poids et les maladies du foie, les cancers et l’hypertension (entre autres). Dans les pays développés, 10% des enfants souffrent de maladies liées au foie, à cause d’une alimentation trop riche en sucres et en graisses et du manque d’activité physique.

Qui plus est, un autre autre aspect déterminant dans nos habitudes de consommation sont les réactions de notre cerveau en fonction de nos expériences. Quand de bonnes choses nous arrivent, nous produisons une substance appelée « dopamine ». Sa libération est responsable du bien-être que nous ressentons quand nous tombons amoureux par exemple. La dopamine est également produite quand nous consommons du sucre, nous faisant ressentir un pic de satisfaction/plaisir, de la même manière que les drogues. Mais ce pic est temporaire, et comme pour toute drogue, la descente est le plus souvent rude. Si un individu développe une dépendance, il sera exposé aux problèmes de fatigue, sautes d’humeur, anxiété, apathie, perte de mémoire et difficultés à la concentration.

Dans ce cas, quelle quantité de sucre devrions nous consommer chaque jour ? Selon l’Organisation Mondiale de la Santé en 2015, 5% maximum des calories quotidiennement consommées devraient provenir des sucres ajoutés. En équivalence, cela donne 19g pour les enfants de 4 à 6 ans, 24g pour les 7-10 ans et 30g à partir de 11 ans. Problème : nous dépassons régulièrement ces taux, jusqu’à deux fois.

Le sucre représente un réel danger pour notre santé, et nous devons devenir plus responsables. Notre consommation de sucre doit être réduite pour redevenir saine, et des alternatives existent !