Beekeeper Henk Brouwer shows his dead bees. Half of the population of his colonies has died after the winter period. Bees and other pollinators both natural and managed seem to be declining globally, but particularly in North America and Europe. Lack of robust regional or international programs designed to monitor the current status and trends of pollinators means there is considerable uncertainty in the scale and extent of this decline. Nonetheless, the known losses alone are striking. In recent winters, honeybee colony mortality in Europe has averaged around 20% (with a wide range of 1.8% to 53% between countries). Imker Henk Brouwer in Zwiggelte bemerkt een massale sterfte onder zijn bijenkolonies na de winterperiode. Bijen en andere bloemenbestuivers nemen in aantal af, vooral in Europa en Noord Amerika. Er zijn geen goede landelijke of internationale programma's die de sterfte in kaart brengen dus het is niet bekend hoe hard het gaat. In de afgelopen winters was de sterfte gemiddeld 20% (varierend van 1.8 % tot 53% tussen verschillende landen).

 

Néonicotinoïdes : mais que se cache-t-il derrière ce nom barbare et pourquoi font-ils parler d’eux dans la sphère politique, notamment concernant le projet de loi sur la biodiversité, en ce moment ?

Les Néonicotinoïdes sont une classe d’insecticides qui dérivent de la nicotine, ils font partie des pesticides les plus utilisés au monde.  Parmi les plus connus nous pouvons citer le fameux Gaucho de Bayer ou encore le Cruiser de Syngenta, tous deux interdits aujourd’hui. Ils sont utilisés en routine dans le monde agricole surtout mais aussi dans le milieu vétérinaire (produits contre les puces) pour lutter pour contre des insectes nuisibles. En fait, lorsque les insectes ingèrent une telle substance, celle-ci agit directement au centre de leur système nerveux pouvant entraîner leur mort en fonction de la dose assimilée. Ces insecticides sont systémiques c’est-à-dire qu’ils ne sont pas pulvérisés dans les champs, comme peuvent l’être d’autres catégories de pesticides. En fait, ils sont appliqués directement sur la semence des plantes (c’est-à-dire les graines), on parle « d’enrobage », puis ils seront libérés et resteront actifs tout au long de la croissance de celles-ci, se propageant dans tous leurs tissus et organes. Ils persistent donc dans les sols, les nappes phréatiques, les cours d’eau et même dans l’air pendant plusieurs années. Si bien que l’on en retrouve partout.

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/05/10/tout-comprendre-aux-pesticides-neonicotinoides_4916480_1652692.html (vidéo insecticides)

Mais alors, quels sont les impacts de telles molécules sur l’environnement d’une part et sur notre santé d’autre part ? C’est ce que nous allons essayer de décrypter aujourd’hui.

Commençons d’abord par les dangers environnementaux que de telles molécules représentent. Tout d’abord il faut savoir que les néonicotinoïdes ne sont pas spécifiques aux insectes qu’ils cherchent à éliminer (soit généralement des insectes qui dégradent les cultures). Cela serait beaucoup trop simple ! Non, au lieu de cela ils agissent sur toutes les catégories d’insectes : même sur les plus inoffensifs et sur les insectes pollinisateurs tels que les abeilles, les papillons ou les bourdons par exemple. Il faut ajouter à cela que, la plupart du temps, ces insecticides sont utilisés en compléments avec d’autres catégories de pesticides, et ce type de cocktail serait encore plus toxique et nocif pour les animaux.

Nous l’avons dit, ces molécules altèrent les connexions nerveuses des insectes. Même absorbées dans des doses très faibles, elles peuvent causer une baisse de leur sens de l’orientation (impossible alors pour nos petites abeilles de retrouver le chemin de leur ruche), elles peuvent également endommager leur faculté d’apprentissage ou leur capacité à se reproduire. Si bien que désormais les populations d’abeilles et autres insectes pollinisateurs sont en fort déclin et malheureusement ce phénomène ne semble pas tendre vers l’amélioration. Ceci est inquiétant non seulement car les tartines de miel au petit déjeuner c’est sacré ! Mais aussi car cette perte de biodiversité pourrait avoir des conséquences dramatiques à l’avenir.

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En effet, sur des cultures comme celles des graminées (blé, orge, maïs…) c’est le vent qui permet la pollinisation des plantes et ainsi la production des céréales. En revanche sur des cultures comme celles des pommes, des carottes, des oignons, des citrons, des brocolis ou encore des artichauts se sont les insectes pollinisateurs eux-mêmes qui assurent la pollinisation essentielle à la production des fruits et légumes ! Et si l’on ne veut pas se nourrir uniquement de féculents ou de céréales dans les prochaines années, il va falloir protéger ces insectes car c’est le tiers de la production mondiale de nourriture qui dépend de leur aide pollinisatrice.

Mais ce n’est pas tout ! Car en plus d’agir sur les pollinisateurs les néonicotinoïdes causent également la perte d’une partie de la faune du sol (les vers de terre par exemple). Ceci est fortement regrettable surtout lorsque l’on pense au rôle essentiel du sol dans le bon développement des cultures. La liste des victimes ne s’arrête pas là car les néonics sont également nocifs à la faune des cours d’eau, aux batraciens et également aux oiseaux des champs (qui voient leurs populations de proies diminuer d’années en années).

Le bilan pour la planète : une biodiversité et des populations animales et végétales sévèrement menacées.

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/05/10/tout-comprendre-aux-pesticides-neonicotinoides_4916480_1652692.html (vidéo abeilles)

Lorsque l’on voit de telles répercussions sur la nature, il semble tout à fait normal de se demander quelles conséquences ces molécules ont sur nous et notre santé. Surtout lorsque l’on sait qu’il est possible de les retrouver sur de nombreux aliments végétaux ainsi que dans l’air. Malheureusement pour nous les conséquences probables ne sont pas beaucoup plus réjouissantes (même si l’on regrette le peu d’études sur le sujet actuellement) puisque Les néonicotinoïdes seraient responsables, entre autres, de perturbations hormonales avec notamment des effets sur la thyroïde. Mais elles seraient également cancérigènes et interféreraient avec le bon développement du cerveau des enfants. Nous voilà donc rassurés n’est-ce pas ?

Avec toutes ces bonnes nouvelles nous pourrions nous demander pourquoi l’utilisation de tels produits chimiques n’est pas tout simplement interdite par la loi ?

Pour comprendre cela il est important de noter que les néonicotinoïdes représentent 40% du marché mondial des insecticides agricoles et que l’on parle ici de pas de moins de 2 milliards d’euros ! De plus, ce marché est détenu par de grosses firmes agroindustrielles (telles que Bayer ou Syngenta…) pesant extrêmement lourd sur la scène internationale et contre lesquelles il est particulièrement difficile d’agir.

Les industrielles et les défenseurs de la légalisation de ces insecticides ont comme arguments qu’il n’existe aucune alternative à ces produits si ce n’est des molécules encore plus nocives. Certains producteurs, quant à eux, craignent pour leur récolte puisque, selon les agrochimistes, ils pourraient observer une baisse de rendement de 15 à 40% en fonction des productions.

Selon la Confédération Paysanne et autres institutions en faveur de l’environnement en revanche, une gestion agronomique intelligente suffirait pour se débarrasser des néonics !  En mettant en place des techniques telles que la rotation de culture, l’utilisation d’insectes et autres invertébrés auxiliaires de cultures (l’exemple le plus connu est celui des coccinelles qui débarrassent nos plans de tomates d’un envahissant troupeau de pucerons) ou également l’utilisation de phéromones, les agriculteurs se débraseraient de manière efficace des insectes nuisibles sans risques sanitaires et environnementaux. Et puis des champs remplis de coccinelles seraient beaucoup plus agréables que des champs remplis de pesticides non ?

 

coccinelle

Néanmoins ces méthodes sont-elles aussi efficaces que les insecticides ? Et bien malgré leur performance certaine, l’efficacité des néonics seraient récemment remise en cause. En effet, ils commenceraient à nuire aux productions et notamment aux cultures dépendantes de la pollinisation qui voient leur rendement en baisse depuis quelques années. Et cela ne représente pas moins de 54 cultures majeures en France. Selon l’INRA, la diversité des insectes pollinisateurs dans les champs augmenterait les rendements de ces types cultures d’au moins 20% ! Voilà donc une note positive à faire valoir aux politiques pour les alerter sur le besoin de garantir le maintien d’une biodiversité suffisante et ainsi la nécessité de se positionner vis-à-vis des néonicotinoïdes.